2014

L’Association des littératures canadiennes et québécoise sollicite des propositions de communications pour son congrès annuel qui se tiendra à l’Université Brock, à Ste Catharines, Ontario du 24 au 26 mai 2014. Le thème du congrès cette année, « Les frontières sans limites », nous pousse à réfléchir aux enjeux liés aux frontières géopolitiques. Dans le contexte contemporain du néolibéralisme et de la mondialisation, un tel questionnement paraît s’imposer. De nombreuses études sur la culture littéraire québécoise et canadienne insistent sur l’urgence d’examiner les frontières géopolitiques contemporaines tant sur le plan culturel que politique. La date de tombée pour les propositions de communication est le 15 janvier 2014.

Appel à communication de l’ALCQ

Colloque annuel
de l’Association des littératures canadiennes et québécoise:
Frontières sans limites

Congrès 2014
24-26 mai 2014
Université Brock
St. Catharines, Ontario

Le thème du congrès cette année, soit « Les frontières sans limites », nous pousse à réfléchir plus particulièrement aux frontières géopolitiques. Dans le contexte contemporain du néolibéralisme et de la mondialisation, un tel questionnement paraît s’imposer. De nombreuses études sur la culture littéraire québécoise et canadienne, comme les ouvrages récents Canada and Its Americas, de Casteel et Siemerling, Tours et détours de Khordoc ou Anne of Tim Hortons, de Wyile, insistent sur l’urgence culturelle et politique d’examiner les frontières géopolitiques contemporaines.

Il va sans dire que plusieurs types de frontières, autant littérales que métaphoriques, ont déjà été abordées dans les études sur les littératures canadiennes et québécoise. Afin de reconnaître cet intérêt grandissant à l’égard des questions liées à la production de la littérature, comme nous le montrent les nombreux projets sur l’histoire du livre au Canada et au Québec qui ont émergé au cours des dernières décennies, on proposera ici une exploration de la manière dont les « frontières » ont contribué à l’émergence des littératures canadiennes et québécoise, qu’elle soit contemporaine ou plus ancienne. Ces frontières ont-elles enrichi l’étude de la littérature et de la culture au Canada, ou, inversement, ont-elles constitué un obstacle à son développement?

Nous vous invitons donc à soumettre des propositions de communication portant sur l’un des aspects suivants de la problématique ou toute autre question s’y rapportant:

• les frontières institutionnelles: les littératures canadiennes et québécoise dans les départements d’études littéraires (Études françaises, Études anglaises ); la place accordée aux littératures autochtones, etc.
• les frontières entre et à l’intérieur des mouvements littéraires.
• les frontières liées à la périodisation et à la canonisation des oeuvres.
• les frontières comme indicateurs de domaines ou de spécialités dans la recherche littéraire (par exemple: les littératures canadiennes modernes, la littérature québécoise contemporaine).
• les frontières mouvantes autour de la question du littéraire dans les littératures canadiennes et québécoise (dans les cours, dans la recherche, dans la culture populaire, etc. ).
• les frontières liées aux aspects matériels de la création et de la publication.
• les frontières et les droits d’auteurs.

Nous acceptons également des séances sur des sujets reliés à tous les aspects de l’étude des littératures du Canada et du Québec. Les propositions de séances organisées par des membres de l’association ne devraient pas dépasser 200 mots. Ces propositions doivent être envoyées au plus tard le 30 novembre 2013. Elles seront ensuite affichées sur le site Web de l’ALCQ (voir ci-dessous).

Toutes les communications ou les propositions de séances peuvent être présentées soit en français, soit en anglais. Les personnes intéressées à présenter des communications ou des propositions de séances doivent être membres de l’ALCQ au 1er mars 2014. Vous pouvez consulter le site Web de l’ALCQ (www.alcq-acql.ca) pour avoir plus d’information au sujet des demandes d’adhésion à notre association.

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots) ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots en un document Word ou RTF, à l’un des deux organisateurs du colloque, dont les noms apparaissent ci-bas, au plus tard le 15 janvier 2014.

Organisatrice et responsable du programme en français :
Madame la professeure Sophie Marcotte
Département d’études françaises
Université Concordia
1455, boul. de Maisonneuve Ouest
Montréal (Québec)
H3G 1M8
Téléphone: (514) 848-2424 poste 7513
Courriel: sophie.marcotte@concordia.ca

Organisatrice et responsable du programme en anglais :
Madame la professeure Jody Mason
Département d’anglais
Université Carleton 1812 Dunton Tower
1125 Colonel By Drive
Ottawa, ON
K1S 5B6
Téléphone : 613-520-2600 poste 8907
Courriel: jody_mason@carleton.ca

Séances organisées par des membres

“From here, West is East”: la littérature canadienne trans-pacifique

Organisatrice : Joanne Leow

Le poème “Tower” (Rebuild, 2011) de Sachiko Murakami renverse la tendance eurocentrique qui détermine la relation du Canada à l’Europe et à l’Asie. En dirigeant notre attention à la fois vers l’Ouest et vers l’Est, le poème nous rappelle aussi l’histoire (qui continue de se dérouler) du mouvement trans-pacifique des immigrants, de la culture et du capitalisme. Qu’arrive-t-il quand nous pensons à l’Ouest et à l’Est  selon une forme productive de désorientation ?  Comment les romans, les récits brefs, la poésie et les films explorent-ils et redéfinissent-ils les frontières trans-pacifiques du Canada? Quelles sont les trajectoires tracées par ces frontières côtières et au-delà de celles-ci? Cette désorientation est-elle une façon de lire le Canada transfrontalièrement? Et que faire à propos des frontières des territoires autochtones, qui doivent être reconnues de manière urgente?
Cette session regroupera des communications qui aborderont ces questions dans une lecture de textes canadiens contemporains. Elle sera ouverte à une diversité d’approches théoriques et disciplinaires, mais les propositions devront tout de même privilégier l’objet littéraire.

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots), ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots dans un document Word ou RTF, à Joanne Leow (joanne.leow@utoronto.ca), au plus tard le 15 janvier 2014.

Re-construire les récits d’archives

Organisatrices : Melissa Dalgleish et Emily Ballantyne

Comment envisageons-nous le travail dans les archives, et comment nous considérons-nous en tant que chercheurs, raconteurs d’histoires et constructeurs d’identité auctoriale dans ce contexte ? En se basant sur les études de Joanne McCaig, Robert McGill et Marianne Dever sur la question du désir de l’archive et sur l’idée de “collaboration nécessaire” (McGill) entre l’archiviste, l’archive et l’auteur/e, nous sollicitons des communications qui examineront les représentations contradictoires de l’auteur/e et de son œuvre telles qu’elles se présentent:

dans la narration qui découle de la construction de l’archive
la création par la critique d’un récit qui vient combler les « vides » ou les « blancs » entre les différentes pièces d’archives.
l’influence des auteurs encore vivants ou d’une succession littéraire sur la construction de l’identité auctoriale et/ou de la critique littéraire par des interventions dans les processus de  création, d’organisation et d’ouverture (ou de restriction d’accès) aux archives.

Même si nous sommes intéressés par le rôle joué par les archivistes et les auteurs dans la constitution des archives narratives, cette session vise surtout une réflexion sur le rôle du critique comme raconteur d’histoire. Comment le critique impose-t-il un récit archivistique ? Comment module-t-il l’identité publique d’un auteur par l’usage qu’il fait du matériau archivistique et par le contexte dans lequel il intervient ? Qu’arrive-t-il lorsqu’il y a conflit entre les volontés d’un auteur et les finalités du chercheur ?
Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots) ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots dans un document Word ou RTF, à Melissa Dalgleish (meldal@yorku.ca) et Emily Ballantyne (emily.ballantyne@dal.ca), au plus tard le 15 janvier 2014.

L’économie dans la littérature canadienne

Organisatrice : Margo Gouley

De nombreuses études récentes sur la littérature et la culture canadiennes s’intéressent à l’influence de l’économie sur la littérature. Néanmoins, peu de recherches ont évoqué le rôle joué par la littérature dans notre compréhension de l’économie, tant dans une perspective historique que d’un point de vue contemporain. Dans le cadre de cette session, on s’intéressera aux représentations de l’économie ou de l’économie politique dans la littérature canadienne. Comment les écrivains et les critiques représentent-ils l’économie canadienne dans leurs textes ? Comment ces représentations peuvent-elles contribuer à une meilleure compréhension des liens entre littérature et économie ?
Vous êtes donc invité à soumettre des propositions de communication portant sur l’un des aspects suivants de la problématique ou sur toute autre question s’y rapportant:

les figures de l’économie dans la poésie ou les oeuvres de fiction
l’engagement littéraire et les théories économiques
les représentations littéraires ou critiques d’événements importants liés à l’économie dans l’histoire canadienne
l’évolution du rôle des femmes dans l’économie au Canada
l’étude comparative de l’économie québécoise et de l’économie canadiennes telles qu’elles sont représentées dans les oeuvres littéraires

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots), ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots, dans un document Word ou RTF, à Margo Gouley (m.m.gouley@gmail.com) au plus tard le 15 janvier 2014.

Sans marges : poétiques multilingues, indigénéité et citoyenneté

Organisatrice : Shannon Maguire

Cette session veut explorer la politique et l’éthique de la poésie qui rompt avec la binarité du bilinguisme des littératures canadiennes et québécoise et/ou de la poésie qui déstabilise les fondations colonialistes de cette tradition tout en exigeant une place centrale dans le Canada du vingt-et-unième siècle. On s’intéressera notamment à la manière dont certains éléments des langues indigènes sont intégrés dans les pratiques poétiques, à la fois par des poètes indigènes et non-indigènes, et à l’efficacité politique et éthique de telles stratégies; aux pratiques de traduction expérimentale et à l’historiographie littéraire qui met de l’avant des poétiques auparavant maginalisées au Canada, encore en mettant l’accent sur les impératifs politico-éthiques de tels projets; au rôle du bruit dans la constitution de nouveaux publics et de nouvelles citoyennetés. Les communications pourront porter sur les sujets suivants:

les manifestes, les poétiques-in-progress et toute forme d’engagement multilingue avec les langues indigènes au Canada.
les conséquences matérielles des poétiques multilingues dans le contexte de l’État-nation canadien.
la récupération de la poésie historique écrite dans une autre langue que les deux langues officielles du Canada.
la poétique du bruit et les ” frontières sans limites ” de la politique linguistique au Canada.

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots), ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots, dans un document Word ou RTF, à Shannon Maguire (magu4260@mylaurier.ca) au plus tard le 15 janvier 2014.

Aux marges de la culture de l’imprimé : Périodiques, livres de poche et publications éphémères

Organisateurs : Hannah McGregor and Jeffrey Aaron Weingarten

La critique sur les périodiques au Canada a été largement menée par les travaux sur des magazines montréalais comme Preview et First Statement, qui ont été fondamentaux dans la compréhension du modernisme canadien. Or, d’autres publications sont tout aussi importantes à une meilleure compréhension de l’histoire de la littérature canadienne. Des cartes postales de poésie de Duncan Campbell Scott et de la collection de poche Lorne Pierce parue chez Ryerson à des magazines tels Maclean’s et Chatelaine, il y a encore beaucoup à dévoiler sur la place qu’occupe de tels objets dans l’étude de la littérature canadienne. Cette session regroupera des communications qui aborderont des objets appartenant aux marges de la culture de l’imprimé venant remettre en cause les récits canoniques. Elles pourront porter sur:

des périodiques parus avant ou après les guerres mondiales.
les communautés marginalisées au Canada.
les magazines anti-modernistes.
les magazines du 19e siècle.
le financement et les modèles de publication pour les magazines au Canada.
la production matérielle de livres de poche, de magazines ou d’autres publications éphémères.
la notion de série ou de périodicité pour les magazines.
l’expression des différentes formes de nationalisme et de transnationalisme.
les cultures visuelles des magazines et collections de poche (incluant les oeuvres d’art, les illustrations, les publicités et la mise en forme).
l’innovation technologique et les magazines.
les magazines et les collections de poche au 21e siècle.

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots), ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots, dans un document Word ou RTF, aux Hannah McGregor (hmcgrego@ualberta.ca) et Jeffrey Weingarten (ja.weingarten@mail.mcgill.ca), au plus tard le 15 janvier 2014.

Des mémoires voyageuses :  traumas d’ailleurs dans la littérature québécoise

Organisatrice: Evelyne Ledoux-Beaugrand

Le vingtième siècle a été marqué par plusieurs événements historiques traumatiques dont on cherche aujourd’hui à préserver la mémoire. En plus de se transmettre entre les générations, cette mémoire voyage sans égard pour les frontières nationales. Elle fait ainsi l’objet d’incessants déplacements, ce qu’Astrid Erll désigne comme « les voyages [ou] les mouvements de mémoire » (2011 : 11). La Shoah a surtout servi de modèle de référence pour les théorisations de ces mouvements mémoriels, mais d’autres faits historiques, comme l’esclavage, les génocides, les régimes totalitaires, font aussi l’objet de déplacements hors de leur contexte national initial.

Si, dans le domaine québécois, la mobilisation des traumas d’ailleurs apparaît de façon marquée dans la littérature migrante, la production d’auteurs non migrants n’est pas exempte de ce phénomène. On peut penser, par exemple, à Un dimanche à la piscine à Kigali (Courtemanche), Artéfacts (Leblanc), Onze (Dulong), Plus haut que les flammes (Louise Dupré), pour ne nommer que ceux-ci.

Cette séance veut cerner différentes modalités d’inscription et d’appropriation d’événements historiques traumatiques « étrangers » à l’histoire du Québec et du Canada dans des textes (de la littérature migrante ou pas) publiés au Québec depuis 2000 et envisager les questions soulevées par les mouvements de mémoire dans le contexte propre à la littérature québécoise.

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots) en français ou en anglais ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots dans un document Word ou RTF à l’organisatrice de l’atelier (Evelyne Ledoux-Beaugrand : Evelyne.LedouxBeaugrand@UGent.be) au plus tard le 15 janvier 2014.

Nouvelles solidarités en littérature franco-canadienne

Organisatrices : Pénélope Cormier, Nicole Nolette et Ariane Brun del Re

À la suite de l’éclatement du Canada français à la fin des années 1960, le paysage littéraire francophone au pays se fragmente en littératures qui se fondent sur l’affirmation d’identités francophones régionales : la québécoise, l’acadienne, la franco-ontarienne et les francophones de l’Ouest. La littérature québécoise devient, selon le modèle centre-périphérie classique, l’espace littéraire de référence. Depuis les années 1990, on assiste cependant à la multiplication de liens institutionnels latéraux – c’est-à-dire sans passer par le centre québécois – entre les littératures acadienne, franco-ontarienne et francophones de l’Ouest. Cette consolidation est-elle suffisante pour parler d’une « littérature franco-canadienne » (Boudreau 2011; Brun del Re, Cormier et Nolette 2013)?

Reconnaissant à la littérature franco-canadienne une réalité institutionnelle, cette séance propose de se pencher sur les pratiques d’écriture « transfrontalières » relevant de cette nouvelle configuration littéraire francophone au Canada. Leur examen permet d’observer l’émergence de nouvelles solidarités stratégiques, sans que les différences soient pour autant escamotées. Quels sont les points de rencontre littéraires (thèmes, imaginaires, espaces, personnages, voyages, intertextualité, rapports à l’autre, rapports à la langue, etc.) entre les œuvres franco-canadiennes? Comment les œuvres acadiennes, franco-ontariennes et francophones de l’Ouest s’inscrivent-elles dans ce nouvel espace, tout en conservant leur identité régionale?

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots) ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots en un document Word ou RTF, aux organisatrices du colloque, dont les noms apparaissent ci-bas, au plus tard le 15 janvier 2014.
Pénélope Cormier : penelope.cormier@umoncton.ca
Nicole Nolette : nicole.nolette@mail.mcgill.ca
Ariane Brun del Re : abrun103@uottawa.ca

Frontières queers dans la littérature québécoise et canadienne

Organisateurs : Jorge Calderón, Domenic A. Beneventi
Atelier conjoint : Association des littératures canadiennes et québécoise (ALCQ) / Association of Canadian and Quebec Studies (ACQL)

La notion de « frontière » est des plus productives afin de penser l’expérience queer. La frontière spatiale sépare l’invisibilité de l’intimité et la visibilité socio-culturelle ; la liberté et la sécurité des quartiers queers (par exemple le Village à Montréal, Church Street à Toronto et Davie Village à Vancouver) et l’oppression, le danger et l’effacement de la vie queer dans de nombreux villages et villes à travers le Canada. La frontière est aussi temporelle. Elle sépare l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse des personnes qui vivent leur expérience queer de manières fort différentes. Elle marque aussi l’histoire queer avant le droit au mariage de personnes de même sexe, et après; avant la trithérapie contre le VIH, et après ; avant l’apparition du sida, et après ; avant les luttes de  libération sexuelle des années 1960 et 1970, et après.

De nombreuses problématiques peuvent guider l’analyse de la frontière dans la représentation de l’expérience queer. Par exemple, quelles sont les frontières qui séparent les gays et les lesbiennes dans la vingtaine de ceux dans la soixantaine ? Quelles sont les frontières qui marquent la différence entre les personnes riches et les personnes pauvres ? Quelles sont les enjeux du genre sexuel : la féminité, la masculinité, la féminité masculine, la masculinité féminine, la féminité et la masculinité transsexuelles, etc. ? La sexualité est aussi fort problématique. Il faut ici penser à la multitude de choix qui sont offerts de l’abstinence sexuelle totale jusqu’à la sexualité la plus effrénée et démesurée. De nombreux autres facteurs définissent, séparent et relient entre elles les multiples expériences queers au Canada et au Québec : entre autres la pluralité des désirs, l’identité raciale, ethnique et culturelle, les questions nationales et transnationales, le postcolonialisme, l’hétéronormativité et l’homonormativité, la défense de la marginalité, etc.

C’est dans ce contexte que nous invitons les spécialistes de littérature québécoise et canadienne à explorer la fonction de la notion de frontière dans des œuvres qui traitent principalement de l’expérience de gays, de lesbiennes, de bisexuel(le)s, de drag queens et kings, de travesti(e)s, de transsexuel(le)s, d’intersexuel(le)s, en d’autres mots de la réalité queer. Les études peuvent porter sur le roman, la poésie, l’essai et le théâtre. Elles peuvent être centrées sur une œuvre en particulier ou sur un ensemble de textes. Elles peuvent porter soit sur la littérature francophone, soit sur la littérature anglophone. Ou encore elles peuvent comparer les traditions littéraires francophone et anglophone au Québec et au Canada.
Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots) en français ou en anglais ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots dans un document Word ou RTF aux deux organisateurs du colloque, Jorge Calderón (calderon@sfu.ca) et Domenic A. Beneventi (domenico.beneventi@usherbrooke.ca), au plus tard le 15 janvier 2014.

Déballer nos bibliothèques : Lire la bibliothèque dans les littératures canadiennes et québécoise

Organisateurs: Bart Vautour et J. A. Weingarten

L’ouverture récente de la salle de lecture Mordecai Richler à l’Université Concordia nous rappelle l’importance de la bibliothèque dans la production de la littérature. Le fait que la bibliothèque de Richler et son bureau de travail favori soient exposés ensemble sur une base permanente en constitue une reconnaissance. En effet, les bibliothèques font partie de l’imaginaire littéraire de plusieurs manières: elles apparaissent dans les littératures canadiennes et québécoise et elles peuvent aussi témoigner l’assemblage matériel et physique de ces littératures. Cette session regroupera des communications qui aborderont les bibliothèques dans le contexte des littératures canadiennes et québécoise en insistant sur la “bibliothèque littéraire” comme objet de production culturelle:

les bibliothèques dans les récits de fiction, historiques et critiques.
les bibliothèques comme outils de critique littéraire.
la préservation des bibliothèques à l’intérieur et à l’extérieur des institutions.
la bibliothèque qui peut être, ou ne pas être, une archive littéraire.
les actes performatifs d’assemblage dans la bibliothèque.
les bibliothèques et les géographies affectives (villes, régions, nations, etc.)
la commémoration et les bibliothèques
les notes écrites dans les marges et les relations de collaboration entre auteurs et lecteurs.

Veuillez faire parvenir votre proposition de communication (maximum 300 mots), ainsi qu’une courte notice biographique et un résumé de 50 mots, dans un document Word ou RTF, à Bart Vautour (bvautour@mta.ca) et J.A. Weingarten (ja.weingarten@mail.mcgill.ca) au plus tard le 15 janvier 2014.

Altérations des frontières, frontières des altérations : le paradoxe des espaces frontaliers dans les littératures québécoise et canadiennes-françaises

Séance conjointe
Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens/
Association des littératures canadiennes et québécoise

À l’heure de la mondialisation des échanges où les nouvelles technologies de l’information (NTI) contribuent progressivement à l’effacement des frontières, ces dernières semblent curieusement confrontées à des limites de toutes sortes (territoriales, temporelles, axiologiques, ontologiques, esthétiques, épistémiques). D’où le paradoxe dans lequel elles s’inscrivent.

En effet, nos sociétés postindustrielles, tout en se prétendant multiculturelles, cultivent des stratégies d’exclusion qui finissent par brimer la liberté du sujet. Ainsi vivons-nous à une époque où, sous bien des aspects, l’opacité à l’égard d’autrui ne fait que se creuser. En témoignent les nombreux actes de terrorisme survenus depuis les événements du 11 septembre 2001, les maints complots déjoués, de même que les agitations publiques récentes éclatant dans plusieurs pays démocratiques et accusant les clivages intérieurs bien réels de ces derniers ; pensons entre autres aux émeutes dans les banlieues défavorisées de Stockholm en mai 2013. Tous ces gestes de violence eurent pour effet d’engendrer la peur et la méfiance, voire la paranoïa, au sein des sociétés occidentales, amenant les autorités à renforcer les dispositifs de contrôle et de sécurité au point où les frontières sont devenues, aussi paradoxal que cela paraisse, des ouvertures qui emprisonnent. Un exemple frappant nous en est fourni par le nombre grandissant d’aéroports internationaux qui disposent de nos jours de scanneurs corporels permettant des fouilles virtuelles sans avoir à toucher ni à faire dévêtir les passagers, une nouvelle technologie controversée en vertu de l’attentat – c’est le cas de le dire – à la pudeur qu’elle suscite. C’est donc dénudées de la sorte que des milliers de personnes à travers le monde franchissent quotidiennement les « frontières », et ce, suivant un principe d’échange des plus paradoxaux, qui veut que la protection durable de l’espace personnel, vital, doive se payer au prix de son dépouillement ponctuel mais radical. En définitive, dans le contexte de la mondialisation, les frontières, soient-elles de nature sociale, culturelle, symbolique ou autre, s’altèrent autant qu’elles se déplacent dans l’espace et dans le temps.

Le phénomène des frontières se révèle dès lors être en pleine mutation à l’échelle planétaire. Force est de constater, cependant, que les francophones du Canada font depuis déjà longtemps l’expérience de l’extraordinaire plurivalence des espaces frontaliers et qu’une variété de textes littéraires émanant de la francophonie canadienne en font un sujet de prédilection. Si cette tendance s’observe bien chez les écrivains originaires du Canada comme Jean Marc Dalpé (Le Chien), Nancy Huston (Cantique des Plaines), Gérald Leblanc (L’Extrême frontière), Jacques Poulin (Volkswagen blues) et Gabrielle Roy (La Route d’Altamont), elle réside au cœur des œuvres d’écrivains dits migrants comme Hédi Bouraoui (Nomadaime), Inge Israël (Le Tableau rouge), Didier Leclerc (Ce pays qui est le mien), Émile Ollivier (La Brûlerie) et Kim Thúy (Ru). Quoique ces auteurs – et bien d’autres encore – se soient intéressés à divers types de frontières, ils ont tous exploré, de manières différentes, le paradoxe qui leur est propre, paradoxe qui tient au fait qu’elles évoquent à la fois un espace de contrainte, de blocage et de fermeture, et un espace de passage, d’ouverture et de liberté. C’est donc ce paradoxe inhérent au concept de frontière que cet atelier vise à interroger à partir des études portant sur les littératures québécoise et canadiennes-françaises.

Comment les frontières, elles-mêmes sujettes aux altérations, peuvent-elles altérer nos perceptions de soi, d’autrui et du monde? Quelles sont les conditions de possibilité de ces changements? Quelles en sont les limites? Quels sont, enfin, les enjeux et les représentations des frontières – de ces fermetures/ouvertures réelles ou imaginaires – dans les littératures québécoise et canadiennes-françaises? Ce sont là les questions clefs qu’il s’agira de creuser.

Pouvant aborder tout genre littéraire, les propositions de communication exploreront un ou plusieurs sujets reliés à la problématique de l’atelier. Voici quelques pistes de réflexion possibles :

Mondialisation, transhumance et frontières;
Espaces frontaliers et transferts culturels;
La frontière, l’ici et l’ailleurs;
Les frontières et l’entre-deux, ou sa remise en question;
Frontières, identités et altérités;
Émigration, exil et frontières;
L’écriture migrante comme agent modalisateur des frontières;
La mémoire, l’oubli et la construction/déconstruction des frontières.

Si nous sollicitons en particulier les interventions puisant dans l’analyse du discours ou dans la prose d’idées, toute approche méthodologique propice à penser la nature paradoxale des frontières sera la bienvenue.
Les propositions de communication (d’environ 250 mots) doivent être rédigées en format Word ou pdf et inclure un titre provisoire, vos coordonnées et votre institution d’affiliation. Elles sont à soumettre au plus tard le 15 décembre 2013 aux deux adresses suivantes : Emir.Delic@usainteanne.ca et jdelorme@uottawa.ca.

Responsables :
Emir Delic, CRÉAF/Université Sainte-Anne
Julie Delorme, Université d’Ottawa/Université de Montréal
Cadrages contemporains sur les paysages
des littératures francophones canadiennes

Séance conjointe
Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens/
Association des littératures canadiennes et québécoise

En lien avec le thème du congrès « Frontières sans limites », cet atelier se propose d’interroger les représentations paysagères dans les littératures francophones canadiennes (Acadie, Québec, Ontario francophonie de l’Ouest et écritures migrantes), ainsi que les discours tenus sur le paysage. Le paysage suppose généralement un espace référentiel dans lequel la subjectivité va opérer un découpage, une mise en forme menant à l’élaboration d’une entité esthétique, le paysage. Le terme photographique de « cadrage », qui implique l’idée d’un choix qui inclut et exclut certains éléments, reprend cette idée de frontière qui a pour fonction la délimitation effectuée par le sujet.

Le paysage se situe ainsi à la croisée entre sujet, texte et monde, ces trois données étant sujettes à d’infinies variations qui influent en retour sur ce que peut être le paysage. Le sujet est à la fois un être doué de sensibilité (le paysage s’offre à la découverte sensorielle) et d’imagination (le paysage s’imagine, se rêve, se reconfigure, se grave dans la mémoire, etc.); le texte peut intégrer des images, devenir lui-même configuration picturale en contexte virtuel; le paysage peut s’intégrer au monde (installations in situ) ou s’élaborer en dehors ou contre lui (dans la science-fiction ou par refus de penser la ville comme un réservoir de paysages). Sujet, texte et monde sont par ailleurs des concepts toujours tenus pour d’autant plus problématiques dans le contexte de littératures récentes ou particulièrement fragiles ; d’où l’intérêt de les interroger conjointement dans le contexte des littératures de langue française du Canada.

Par ailleurs, la représentation de paysages de nos jours n’est peut-être jamais exempte d’une prise de conscience assez récente de la fragilité des paysages. Affecté par notre rapport de plus en plus médiatisé au réel, tantôt transformé par les besoins du tourisme et de l’urbanisation, tantôt mis en spectacle ou (sur)protégé, le paysage est en passe de devenir une véritable valeur partagée par une communauté.
En ce sens, cet atelier sollicite donc des communications s’intéressant à la représentation de paysages dans les littératures de la francophonie canadienne depuis les années 1980 : quels paysages interpellent les auteur.e.s et artistes contemporains et comment les représentent-ils? Quelles valeurs leur attribuent-ils?

Bien des axes de réflexion peuvent être envisagés, parmi lesquels :

Le paysage à la croisée entre nature et culture
Le paysage comme espace subjectif ou collectif
Pays et paysages
Le paysage en contexte minoritaire
Paysage, espace, lieu, site, contrée : quels termes pour désigner quoi?
Paysage ouvert ou délimité; habitation, parcours, frontières, passages, transgressions, traversées, migrations, etc.
Intermédialité paysagère (peinture, photographie, film, installation, land art, etc.)
Paysages de l’extrême-contemporain dans les sociétés postindustrielles
Les clichés : beauté et laideur du paysage
Le paysage et la mémoire
Paysage et tourisme
Paysage et écologie
Paysages virtuels
Paysage(s) d’élection d’un.e auteur.e
Vers un renouvellement du descriptif (Ph. Hamon)? Comment s’insère le paysage dans l’économie du texte?
Paysages en science-fiction, en bandes dessinées, dans la littérature jeunesse

Les propositions de communication, longues d’environ 250 mots, doivent être rédigées en format Word ou pdf, vos coordonnées, ainsi qu’une brève bio-bibliographie  (100 à 200 mots environ). Elles sont à soumettre au plus tard le 15 décembre 2013 à l’adresse elepage@uwaterloo.ca.

Élise Lepage
Professeure adjointe
Département d’études françaises
Université de Waterloo
https://uwaterloo.ca/french-studies/people-profiles/elise-lepage