2016 (Calgary)

Vous pouvez consulter dès maintenant le programme du colloque de l’ALCQ qui se tiendra dans le cadre du Congrès des sciences sociales et humaines à l’Université de Calgary, du 28 au 30 mai 2016.

Chers membres,

Voici deux appels à communications pour des séances organisées par les membres de l’ALCQ pour notre colloque de 2016. Nous vous encourageons à participer au colloque en nous soumettant une proposition à un de ces ateliers, ou à l’appel général de l’ALCQ, «L’engagement social et du social par la voie de la littérature et de la critique littéraire». La date limite pour les propositions est 1er février 2016. SVP veuillez noter que le colloque aura lieu du 28 au 30 mai 2016 (et non pas du 28 au 31 mai comme indiqué précédemment).

Enjeux de genre, de sexe et de race dans les littératures franco-canadiennes : perspectives féministes, queer et intersectionnelles

Atelier organisé par Pierre-Luc LANDRY (professeur adjoint, Collège militaire royal du Canada) et Mathieu SIMARD (doctorant, Université d’Ottawa)

Pierre-Luc.Landry@rmc.ca

msima050@uOttawa.ca

En 2013, dans Écrire au féminin au Canada français, Johanne Melançon dressait ce constat : « depuis le début des années 1970, plusieurs femmes ont pris la parole en Acadie, en Ontario français et dans l’Ouest, mais peu d’œuvres ont été jusqu’à maintenant étudiées ». C’est pourquoi Melançon proposait dans son ouvrage « de se pencher sur l’écriture de ces femmes » plutôt que d’élaborer « un ensemble de “critiques au féminin” ». Intitulé Enjeux de genre, de sexe et de race dans les littératures franco-canadiennes : perspectives féministes, queer et intersectionnelles, le présent atelier entend à la fois poursuivre et déplacer cette réflexion. Nous invitons en effet les chercheur.e.s à étudier autant les mises en scène des rapports sociaux de sexe, de genre et de race que les représentations des sexualités non-traditionnelles. L’étude de tout texte franco-canadien sera donc la bienvenue, et ce sans égard pour le sexe de son auteur.e.

L’atelier visera plus spécifiquement à comprendre de quelles manières s’articulent les enjeux du genre, du sexe et de la race dans le discours littéraire franco-canadien. À titre d’exemple, les participant.e.s pourraient analyser les stratégies de déstabilisation du genre – qu’il s’agisse du déplacement et du travestissement des catégories de sexe ou de genre, ou de leur complète neutralisation – et la construction des rapports de domination dans la représentation des sexualités ou dans celle des relations sociales, matérielles et économiques de sexe, de genre et de race. Les participant.e.s pourraient également emprunter une perspective intersectionnelle (Kimberlé Crenshaw, 1991). L’intersectionnalité « apport[e] une nouvelle complexité à la compréhension des hiérarchies et des rapports de domination » et « permet de révéler une réalité plus complexe » dans laquelle les oppressions « interagissent de façon dynamique » (Maillé, 2014). Les participant.e.s pourraient ainsi se pencher sur la construction des subjectivités en se demandant par exemple comment le sujet franco-canadien, déjà dominé en raison de son statut de minorité linguistique, joue avec – voire « performe » (Judith Butler, 1990) – ces autres formes de domination que peuvent constituer le sexe, le genre, la race ou encore la sexualité.

L’atelier apportera un éclairage nouveau sur les littératures franco-canadiennes en étudiant les questions de race, de sexe, de genre et d’orientation sexuelle. Il ne se cantonnera pas dans une perspective théorique unique, qu’il s’agisse des théories queer ou des études de genre. D’emblée inclusif, il sera ouvert aux études féministes, aux études postcoloniales et décoloniales, aux analyses politiques de textes littéraires, à l’analyse du discours, à la sociocritique, à la narratologie et aux théories de la réception, etc. Tout texte franco-canadien contemporain pourra être étudié et les œuvres littéraires autochtones de langue française seront également considérées.

Cet atelier est organisé dans le cadre du colloque de l’APFUCC au Congrès des sciences humaines du Canada, qui se tiendra à l’Université de Calgary du 28 mai au 3 juin 2016. Les propositions de communication (de 300 mots), avec les coordonnées et une bio-bibliographie de l’auteur.e, doivent être envoyées aux responsables de l’atelier (Pierre-Luc Landry <Pierre-Luc.Landry@rmc.ca> et Mathieu Simard <msima050@uOttawa.ca>) avant le 1 février 2016.

Textes cités

BUTLER, Judith, Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, New York, Routledge, coll. « Thinking Gender », 1990, 172 p.

CRENSHAW, Kimberlé, « Mapping the Margins: Intersectionality, Identity Politics, and Violence against Women of Color », dans Stanford Law Review, 1991, vol. 43, n° 6, p. 1241–1299.

MAILLÉ, Chantal (2014), « Approche intersectionnelle, théorie postcoloniale et questions de différences dans les féminismes anglo-saxons et francophones », dans Politique et Société, volume 33, numéro 1, p. 41-60.

MELANÇON, Johanne (dir.), Écrire au féminin au Canada français, Sudbury, Prise de Parole, coll. « Agora », 2013, 316 p.

Interruptions queer de l’espace-temps rural
Séance organisée par Zishad Lak et Jennifer Baker (Université d’Ottawa)

La temporalité rurale contient trois temps principaux : le temps généalogique, le temps
quotidien et le temps cyclique. Le progrès dans un tel contexte se définit par la
propagation des unités productives de la famille ainsi que de la ferme qui constitue la
propriété de la famille et, par extension, de l’État colonial. Les conceptions du temps et
de l’espace dans le contexte rural sont donc surtout alimentées par les présupposés
socioculturels quant à la nature, au paysage, au travail, à la sexualité et au temps de loisir.
Les personnages et les intrigues qui se dissocient de cet espace-temps fragmentent et
remettent en question sa stabilité ainsi que sa naturalité.
Nous sollicitons des propositions de communication qui examinent la résistance queer–
ou la fragmentation, qui met en relief la nature construite du paysage idyllique dans les
romans ruraux canadiens.
Thèmes possibles :
• L’absence/effacement des organisations spatiotemporelles autochtones
• Le travail rural et la théorie queer
• Les genres ruraux (géorgique, pastoral, agrarisme) et les personnages queer
• Les folklorismes atemporels
• L’autochtonie et les « ghettos temporels »
• Les écologies rurales et la sexualités queer
Veuillez envoyer votre proposition (300 mots) rédigée en anglais ou en français au plus
tard le 1er février, aux adresses suivantes : zlak081@uottawa.ca et
jennifer.g.baker@gmail.com

Sur-vivre: Regards nouveaux sur  l’œuvre de Marie-Célie Agnant

(séance conjointe : l’APFUCC)

Publiée au Québec, en Haïti et en France, et traduite dans de nombreuses langues, l’œuvre de Marie-Célie Agnant, composée de romans, de poèmes, de contes et de textes pour la jeunesse, jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale.

Pour cette native de Port-au-Prince installée au Québec depuis 1970, la littérature permet de redonner une voix aux oubliés de l’histoire et de poser le doigt sur la réalité sociale contemporaine. Si les textes d’Agnant abordent régulièrement les thèmes de l’exil et du rapport au passé et à la mémoire, ils dépassent l’expérience individuelle pour toucher d’une manière ou d’une autre des lecteurs désormais conscients de la fragilité et de la singularité de l’expérience humaine. Un grand nombre d’essais critiques abordent l’œuvre d’Agnant sous les perspectives postcoloniale, métaféministe ou encore mythocritique. De la poétique de l’errance à la mise en discours d’une altérité complexe en passant par la figure de Médée, les textes d’Agnant dénoncent, interrogent et inspirent.

Notre époque est aussi marquée par la fin d’une ère que par une ère de la fin, comme en témoignent les réflexions philosophiques contemporaines (Slavoj Žižek et la fin du capitalisme ; Michel Serres et le temps de la crise ; sentiment de la fin chez Paul Chamberland; vieux attachements affectifs chez Berlant). Une réactualisation du discours apocalyptique est désormais omniprésente dans le domaine tant de la culture populaire que des arts littéraires. Nous aimerions ainsi nous pencher sur la matrice de la survivance dans l’œuvre de Marie-Célie Agnant.

Par conséquent, nous vous invitons à réfléchir, entre autres, aux questions suivantes :

Qui survit ?

Comment les textes d’Agnant abordent-ils la question de la survie ? Quelles vies sont valorisées, plus dignes d’être vécues, comme le suggère Judith Butler (Precarious Life, 2004) ?

La « survie » comme stratégie de « vie »

Des personnages éponymes de Sara à Rosa, en passant par Emma, comment la résilience habite-t-elle l’œuvre d’Agnant ? Quels moyens et stratégies sont entrepris ?

L’espace de la survie

En quoi la survie est-elle liée à l’espace et à la temporalité ? Comment Agnant évoque-t-elle le concept d’habitabilité ou encore de chronotope (Bakhtin, Foucault) ?

Une poétique de la survie ?

Comment la matrice de la survivance est-elle mise en discours ? Quel rôle la poétique du cri joue-t-elle ? Est-ce que dire l’indicible, c’est déjà survivre ? Est-ce suffisant?

Responsables de l’atelier :

Adrien Guyot (aguyot@ualberta.ca)

Marie Carrière (carriere@ualberta.ca)

Date limite pour l’envoi des propositions: 1er février 2016.