Récits climatiques canadiens: résilience et pensée planétaire 

Séance organisée par Susie O’Brien et Heike Härting

Généralement comprise comme un sous-genre de la science-fiction, la fiction climatique utilise les changements climatiques comme cadre thématique et narratif et est liée à la pétro-fiction – mais sans lui être réductible. Sous sa forme dominante, la fiction climatique (cli-fi) crée des récits dystopiques et post-apocalyptiques qui soulignent les conséquences dévastatrices des catastrophes écologiques. Une telle approche de la fiction climatique laisse peu de place pour imaginer des alternatives futures pour la planète et des stratégies de résilience. En effet, comme Amitav Gosh remarque, « au cœur de la crise climatique » réside « un échec plus vaste de l’imagination et de la culture » (2016). De même, Dipesh Chakrabarty suggère que la crise climatique exige des conversations intellectuelles « en tension les unes avec les autres : le planétaire et le global; des histoires profondément ancrées ; la pensée des espèces et les critiques du capital » (2009). Les critiques autochtones et anticoloniaux compliquent cet appel en demandant, avec la spécialiste des Métis Zoe Todd : « Qu’est-ce que cela signifie d’avoir un discours réciproque sur . . . le changement environnemental apocalyptique dans un lieu où, au cours des cinq cents dernières années, les peuples autochtones ont fait (et font) face à la fin des mondes avec l’incursion violente d’idéologies et d’actions coloniales ? » Tout en étant conscient.e.s des histoires que le thème du changement climatique suscite, dérange ou empêche, nous souhaitons considérer son utilité et ses limites comme une catégorie fondamentale de la production littéraire et de la critique. 

Cette séance examinera les récits climatiques canadiens dans la littérature et les films et leurs implications dans la pensée planétaire. Nous nous demanderons comment les œuvres créatives (ré)imaginent l’universalité, les traumatismes écologiques et les pré-traumatismes (Ann Kaplan), la vulnérabilité et la résilience, la planétarité et l’indigénéité, les collectivités inter-espèces, la justice climatique et la reproductivité, le capital planétaire et l’Anthropocène. Explorant les limites des récits climatiques dystopiques et apocalyptiques, la séance cherchera à recalibrer notre imagination littéraire et sociale à l’échelle planétaire plutôt que nationale ou globale. 

Faites parvenir vos propositions de communication (max. de 300 mots, en anglais ou en français) ainsi qu’une courte notice biographie (max. de 150 mots) à Susie O’Brien (obriensu@mcmaster.ca) et Heike Härting (heike.harting@umontreal.ca) avant le 5 janvier 2019. Les participants doivent être membres de l’ALCQ avant le 1er mars 2019. Veuillez consultez le site internet de l’ALCQ pour toute information concernant le processus d’adhésion ou d’inscription.