Le colonialisme de peuplement et la critique littéraire québécoise et franco-canadienne 

Séance organisée par Zishad Lak et Pierre-Luc Landry

Dans le cadre de cette séance, nous souhaitons discuter de l’absence, dans la critique littéraire québécoise et franco-canadienne, du fait du colonialisme de peuplement. Nous explorerons les nouvelles avenues méthodologiques qui pourraient rendre compte des stratégies narratives, dans les récits québécois et franco-canadiens, qui occultent l’occupation du territoire, la socialité et la souveraineté autochtones. 

En effet, le colonialisme de peuplement, dans le contexte québécois et canadien, est très peu nommé dans les études en sciences humaines et sociales produites en langue française; on ne retrouve que quelques occurrences du terme dans l’historiographie et la littérature savante. Dans les études littéraires, le terme est encore pratiquement inusité, employé seulement par quelques chercheur·e·s comme Isabelle St-Amand (2015), Élise Couture-Grondin (2016) et Bruno Cornellier (2015). L’analyse littéraire qui aborde le colonialisme de peuplement dans les littératures canadiennes anglaises et étatsuniennes tend à souligner les élisions et les absences plutôt que s’appuyer sur les preuves textuelles concrètes. En effet, ces élisions et ces absences ne gagnent en importance que dans leur contextualisation à l’intérieur d’une certaine structure, celle notamment du colonialisme. Cette séance abordera les façons dont une telle approche peut être conciliée avec la critique littéraire plus classique au Québec — issue en grande partie de la critique immanente française, poststructuraliste — et celle davantage concentrée sur le statut minoritaire des settlers francophones au Canada; nous étudierons aussi les manières dont ces paradigmes intellectuels divergent, afin de dégager les spécificités du colonialisme de peuplement tel qu’il se présente dans les œuvres littéraires produites par les communautés francophones du Canada.  

Sujets possibles de réflexion : 

  • Études sur le colonialisme de peuplement et études autochtones : convergences et divergences;  
  • Méthodologies critiques; 
  • Représentation des personnages autochtones par les écrivains allochtones; 
  • Transculturalisme et colonialisme de peuplement dans les littératures québécoise et franco-canadiennes; 
  • Souveraineté québécoise et les souverainetés autochtones : convergences et divergences; 
  • Autochtonisation et « métissage » dans la littérature québécoise et franco-canadienne; 
  • Représentation raciale des personnages autochtones; 
  • Statut minoritaire des communautés franco-canadiennes et colonialisme de peuplement; 
  • Réflexions sur les terminologies pour une étude du colonialisme de peuplement; 
  • Colonialisme du peuplement et auto-ethnographie.  
  • Processus d’inauguration de la subjectivité settler dans les littératures québécoise et franco-canadienne.   

Les participant·e·s devront préparer leurs présentations à l’avance et les distribuer par voie électronique aux autres participant·e·s avant la tenue de l’événement. Les interventions dureront un maximum de 15 minutes, et les discussions qui émergeront occuperont la majeure partie de la journée. 

Faites parvenir vos propositions d’intervention (max. 300 mots) ainsi qu’une courte notice biographique (max. de 150 mots) à zlak081@uottawa.ca et pierre-luc.landry@rmc.ca avant le 5 janvier 2019. Les interventions peuvent être prononcées en anglais ou en français. Les participant·e·s doivent être membres de l’ALCQ avant le 1er mars 2019. Veuillez consulter le site internet de l’ALCQ pour toute information concernant le processus d’adhésion ou d’inscription.

Textes cités 

Bruno Cornellier (2015), La « chose indienne » : cinéma et politiques de la représentation autochtone au Québec et au Canada, Montréal, Nota Bene. 

Élise Couture-Grondin (2016), « Analyse antiraciste du rapport au territoire, à l’autre et à l’écriture dans Aimititau! Parlons-nous! », Voix plurielles, vol. 13, no. 2, p. 127-149. 

Isabelle St-Amand (2015), La crise d’Oka en récits: territoire, cinéma et littérature, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « Intercultures ».