Adrien Rannaud est le lauréat du prix Gabrielle-Roy 2018 pour De l’amour et de l’audace. Femmes et roman au Québec dans les années 1930 (Presses de l’Université de Montréal).

Le jury était composé de Karine Abadie (Memorial University), Eftihia Mihelakis (Brandon University, Présidente du prix) et Anne Martine Parent (Université du Québec à Chicoutimi). Ce dernier a sélectionné le livre d’Adrien Rannaud parmi les vingt-deux ouvrages reçus. Le Prix a été remis lors de la réception du samedi 1er juin 2019, qui a eu lieu de 17h à 18h30 dans la salle UCLL Ideas Lounge, située à
Vancouver sur le campus de la University of British Columbia.

À l’unanimité, le jury s’est prononcé en faveur du livre d’Adrien Rannaud paru en 2018 aux Presses de l’Université de Montréal, dans la collection « Nouvelles études québécoises ». Adrien Rannaud réussit de façon remarquable à mettre en perspective la
signification symbolique, culturelle et historique de l’émergence de l’édition moderne pour les femmes et plus particulièrement pour les écrivaines. Ce livre est manifestement le fruit d’un travail rigoureux qui a nécessité une recherche et une analyse minutieuses
de l’émergence de la figure d’écrivaine dans la période de l’entre-deux guerres au Québec. Le jury tient également à souligner la clarté de l’ouvrage qui, grâce à la qualité de son écriture et à l’organisation de son propos, parvient à déplier un sujet en témoignant d’une
recherche approfondie sur un corpus encore peu connu.

Le jury du prix Gabrielle-Roy 2018 tient également à féliciter Marie-Frédérique Desbiens pour Le Premier romantisme au Canada. Entre engagement littéraire et politique, paru chez Nota Bene. Marie-Frédérique Desbiens réussit à redonner sens au concept de romantisme en réévaluant son ampleur sociopolitique pour le Canada dès la première moitié du XIXe siècle. Il faut souligner l’ampleur du travail de recherche qu’a nécessité cette importante contextualisation, laquelle est remarquablement menée. L’ouvrage s’attache aussi à déceler les différentes formes d’inscription du romantisme au sein de la littérature canadienne-française, embrassant un corpus vaste, composé de
périodiques, d’ouvrages sur l’histoire littéraire et culturelle, les générations et le nationalisme. Marie-Frédérique Desbiens présente un panorama exhaustif de la question en regroupant de façon claire et rigoureuse les caractéristiques au cœur de ce
mouvement innovateur qui a laissé des traces au Canada. Cet ouvrage, qui fait preuve d’une érudition remarquable, apporte ainsi un éclairage décisif sur un mouvement littéraire et politique.

Le jury tient enfin à souligner la qualité de l’ouvrage collectif Espaces critiques. Écrire sur la littérature et les autres arts au Québec (1920-1960), paru aux Presses de l’Université Laval et dirigé par Karine Cellard et Vincent Lambert. Karine Cellard et Vincent Lambert parviennent à proposer avec brio une histoire de la critique au carrefour de la littérature et des autres arts. En se penchant sur une période encore peu connue au Québec, les années 1920 à 1960, l’ouvrage propose un ensemble cohérent de contributions témoignant d’un travail collaboratif. Ce dernier fait la lecture de critiques écrites par des écrivains, mais en contribuant largement au développement de la critique cinématographique, musicale et artistique. Le souci critique de cet ouvrage ajouté à la clarté du propos et à la réflexion délibérément chronologique contribuent à l’avancement du champ de la critique littéraire et artistique. Cet ouvrage apporte ainsi un éclairage décisif sur les modalités de rencontre entre le littéraire et le travail interprétatif pour la période ciblée.

Crédit: Atwood Photographie