Spatialités queer au Canada et au Québec

Spatialités queer au Canada et au Québec

Séance organisée par Domenico Beneventi

Bien que les études gaies/lesbiennes et plus récemment, queer se soient développées sensiblement depuis les années 1990, on constate très peu d’études sur le queer comme catégorie d’analyse et comme forme instable et subversive de positionnement social, qui vient brouiller l’incorporation des catégories « fixes » d’identité. Les interrogations de l’espace d’un point de vue queer ont d’abord porté sur la récupération historique des lieux clandestins de rencontre et des espaces matériels de sociabilité gaie et lesbienne souvent invisibles à l’œil de la société hégémonique (Duberman, 1993 ; Chauncy 1995 ; Warner, 1993 et 2002). Les travaux en géographie critique (critical geography) de Soja sur la spatialité postmoderne (1989), de Harvey sur l’espace et la classe sociale (2000) et de Massey sur la spatialité genrée (1994) ont permis à des théoricen.ne.s comme Halbertam (2005) et Muñoz (2009) d’explorer la spatialité queer tout en contestant la production de l’espace hégémonique hétéronormatif et patriarcal. L’espace queer peut être conçu comme un espace-corps désirant qui prend en compte les spécificités matérielles, biologiques et affectives queer, ainsi que les identifications multiples et changeantes et de genre/sexe/désir, qui sont inséparables des espaces matériels et des pratiques spatiales normées. Cette séance s’intéressera à la manière dont les espaces privés et publics sont vus et vécus d’un point de vue queer, et à la manière dont l’espace est lié aux performances du genre. Nous invitons des propositions qui portent sur les espaces queer et la spatialité queer en fonction de certains axes de réflexion, par exemple :

– Géographies queer

– Lieux de mémoire queer

– Espace et corporalité/sexualité queer

– Lieux de rencontre

– Spatialité et actes subversifs

– Spatialité hétéronormative dans le récit queer

– Espace frontalier (border zone) et subjectivité queer

– Sujets queer, migration, transnationalité, globalisation

– Spatialité et performance queer

– Spatialité virtuelle, médias sociaux et identités queer

– Espaces précaires et espaces sécurisés (safe spaces)

– Spatialité queer racialisé

– Domesticité queer

– Utopies/hétérotopies queer

– Représentation de la ville et/ou le village gai/queer

Pour cette séance, nous acceptons des propositions de communication en français et en anglais qui portent sur la littérature et autres productions culturelles (tels le cinéma, le théâtre et la performance). Les propositions, d’une longueur maximale de 250 mots, doivent indiquer le nom du/de la chercheur.e, son affiliation institutionnelle et son courriel. Les propositions sont à envoyer au plus tard le 6 janvier 2020 par courriel à :

Domenico Beneventi, Université de Sherbrooke, domenico.beneventi@usherbrooke.ca

Les propositions de communication peuvent être soumises en français ou en anglais. Les participants doivent être membres de l’ALCQ ou de l’APFUCC avant le 1er mars 2020. Veuillez consulter le site internet de l’ALCQ pour toute information concernant le processus d’adhésion ou d’inscription.