L’Association des littératures canadienne et québécoise (ALCQ) est heureuse d’annoncer que la lauréate du Prix Gabrielle-Roy 2019 (section francophone), lequel récompense chaque année le meilleur ouvrage de critique littéraire écrit en français portant sur les littératures canadienne et/ou québécoise, est Marie-Andrée Lamontagne pour Anne Hébert, vivre pour écrire (Les Éditions du Boréal). Le jury a été formé de Daniel Laforest (The University of Alberta), Julien Lefort-Favreau (Queen’s University) et Eftihia Mihelakis (Brandon University). La remise du Prix est prévue lors du prochain Congrès des sciences humaines lequel aura lieu à la University of Alberta, à Edmonton, au printemps 2021.

À l’unanimité, le jury s’est prononcé en faveur du livre, Anne Hébert, vivre pour écrire de Marie-Andrée Lamontagne. L’autrice a fait montre d’une érudition qui dépasse la vie d’Anne Hébert. Si cet ouvrage réussit à dresser le portrait familial de cette dernière, de ses amitiés (notamment celles de Monique Bosco et Jeanne Lapointe), des conditions d’exercice de son métier, de la géographie plurielle de son parcours, c’est aussi de toute la vie culturelle qu’il parvient à restituer. Lamontagne jette la lumière sur des réseaux féminins dans lesquels Hébert s’inscrit et qui sont trop peu souvent considérés dans le champ des études littéraires du Québec. Cette biographie contribue donc à l’institutionnalisation d’Anne Hébert, comme l’ont fait avant elle François Ricard sur Gabrielle Roy, Michel Biron sur Saint-Denys Garneau et Pierre Nepveu sur Gaston Miron. Le jury tenait par ailleurs à souligner que cette entreprise avait été réalisée hors de l’université et des infrastructures qui permettent habituellement de mener une quantité aussi importante d’entretiens et de faire des recherches en archives.

Le jury du Prix tient à féliciter Lucie Hotte et Johanne Melançon pour l’ouvrage collectif Robert Dickson. Écrire en temps de paix relative, paru aux Éditions Prise de parole. Hotte et Melançon proposent une lecture pluridimensionnelle de l’œuvre de Robert Dickson et du rare parcours d’un anglophone qui a su non seulement s’intégrer au sein de la communauté franco-ontarienne de Sudbury, mais également s’y investir pour aller à la rencontre de l’Autre sous toutes ses formes. En dépliant les multiples visages d’une figure de proue dans le champ culturel franco-ontarien, les auteurs et autrices de l’ouvrage ont su montrer, autant grâce à la qualité de l’écriture qu’à la richesse de leur matériau de recherche, comment l’œuvre de Dickson témoigne d’un engagement poétique, éthique et social.

Le jury tenait également à féliciter Pamela V. Sing et Jimmy Thibeault pour l’ouvrage collectif Marguerite-A. Primeau, première femme de lettres du Far Ouest canadien, paru aux Éditions David. Sing et Thibeault révèlent la portée autant de Marguerite-A. Primeau que de son œuvre dans l’histoire de la francophonie de l’Ouest canadien. L’ouvrage dresse aussi les enjeux vécus par une femme de lettres bilingue et bi-culturelle qui a traversé tout le 20e siècle ainsi que des rapports complexes entre les francophones en contexte minoritaire et les structures hégémoniques liées à l’identité (ici de la langue et du genre).

 

Renseignements :

Eftihia Mihelakis

Présidente du jury (section francophone), ALCQ/ACQL

MihelakisE@brandonu.ca