2016

Masculin/Féminin
La performativité du genre dans la littérature québécoise depuis la Révolution tranquille

Colloque international
Université Simon Fraser
Vancouver, Canada
16 et 17 mars 2017

Depuis la publication de Gender Trouble et Bodies that Matter, les théories de Judith Butler sur la performativité du genre ont eu une grande influence pour mieux analyser les constructions, les représentations et l’intelligibilité des figures de la femme et de l’homme, du féminin et du masculin, et de la féminité et de la masculinité dans les espaces privés et publics. Butler a montré la manière dont les différents genres sont générés à partir des actions, des réactions et des interactions ; des relations et des interrelations ; et du rapport entre un savoir qui produit et renforce un pouvoir ainsi que d’un pouvoir qui à son tour produit et renforce un savoir, et ce, en fonction de ce qu’elle définit comme étant de l’ordre de la performativité.

Dans le cadre de ce colloque, nous invitons des chercheurs en théorie du genre, en théorie queer, en études gays, lesbiennes, transgenres et transsexuelles, en études féminines et masculines, et en théorie féministe à explorer la performativité du genre dans la littérature québécoise depuis les années 1960. À partir de la Révolution tranquille, le Québec s’est inscrit dans des mouvements transnationaux qui ont intensifié et consolidé les luttes de libération des femmes, l’engagement théorique et pratique féministe, la réinvention de la sexualité, les droits des gays, des lesbiennes, des bisexuel(le)s, des transgenres, des intersexuel(le)s et des transsexuel(le)s. Par conséquent, une étude de la contribution de la littérature québécoise – l’une des littératures mondiales qui a fait preuve dans les 50 dernières années d’une créativité des plus intéressantes – à ces transformations planétaires est aujourd’hui à notre avis pertinente et nécessaire.

Pour ce colloque, nous acceptons des propositions de communication en français seulement. Ces propositions, d’une longueur maximale de 300 mots, doivent indiquer le nom du/de la chercheur(e), son affiliation universitaire et son courriel. Nous donnerons priorité aux propositions qui seront reçues avant le 15 août. Mais nous accepterons des propositions jusqu’au 15 septembre 2016.

Les propositions sont à envoyer par courriel au professeur Jorge Calderón (calderon@sfu.ca).

TEXTUALITÉS NUMÉRIQUES/

CONTEXTES CANADIENS

Colloque de lancement du Collaboratoire scientifique

des écrits du Canada, les 20 et 22 septembre 2016

Ce colloque consacré au lancement du Collaboratoire

scientifique des écrits du Canada (CSÉC) invite des

propositions portant sur le croisement du texte et du

numérique dans le contexte canadien. Le colloque se

tiendra les 20 et 22 septembre à l’Université de

l’Alberta.

Conférencière d’honneur : Lori Emerson (Université du

Colorado à Boulder)

Le colloque permettra de réfléchir aux approches

numériques dans le champ de l’écriture et de la culture

canadienne, qu’elles traitent des artefacts canadiens, ou

qu’elles explorent des questions littéraires et culturelles

dans le contexte universitaire canadien. Comment les

particularités de la culture, de l’infrastructure et des

institutions académiques canadiennes ont-elles déteint

sur les études culturelles et littéraires numériques ?

Quels facteurs locaux, régionaux, organisationnels,

institutionnels ou nationaux ont modulé les rapports

entre la culture et la technologie au Canada ? Les identités, histoires, politiques et infrastructures diverses

se reflètent-elles sur nos habitudes de lecture, d’écriture

et de recherche numérique ? Quelle est la contribution

des approches numériques à notre connaissance de la

littérature, de la culture et des identités canadiennes ?

Le CSÉC est une infrastructure de recherche scientifique

en ligne qui a pour objectif de rassembler des

chercheurs canadiens et internationaux qui s’intéressent

aux technologies en ligne qui leur permettent

d’examiner l’écriture et d’autres pratiques culturelles

connexes dans le contexte canadien. Le CSÉC soutient

la création, le téléchargement, le partage, l’amélioration

et la conservation des matériaux de recherche en

établissant des liens entre des projets individuels et en

soutenant la collaboration en équipe. Le CSÉC

rassemble des oeuvres bibliographiques, biographiques,

critiques et prosopographiques, des transcriptions et

éditions scientifiques ainsi que des collections

multimédia et offre un soutien aux chercheurs qui

s’intéressent à la puissance de la production des

connaissances numériques afin d’avancer leurs

programmes de recherche.

Ceux et celles qui souhaitent essayer l’infrastructure de

recherche du CSÉC peuvent assister aux ateliers gratuits

du mardi 20 septembre et du jeudi 22 septembre.

Nous sollicitons des interventions qui portent sur la recherche en littérature ou culture numérique au

Canada.

Les communications proposées pourront

aborder les questions suivantes :

• la recherche numérique au Canada et sur la

littérature et culture canadiennes : histoires,

tendances, pratiques, possibilités, ressources

• lire et écrire (sur) la littérature canadienne à l’ère

numérique

• l’indigénéité et la culture numérique

• la littérature informatique (e-littérature) canadienne

• la collaboration numérique : travailler collectivement

dans le contexte scientifique

• la recherche en ligne et l’université : soutien,

structures et protocols

• la production et la lecture des textes numériques

• les technologies pour garder et présenter des

images, des textes et des sons

• la propriété intellectuelle

• la question du genre sexuel et des identités

marginalisées dans le contexte numérique

• la recherche et le développement invisibles : le

chercheur numérique en tant qu’avatar scientifique

• la lecture et l’écriture des jeux numériques

• les interfaces : conception, politique, subjectivités

• les lecteurs numériques : pour identifier les groupes

cibles pour la recherché

• la lecture attentive et éloignée des textes

numériques

• l’auto-édition numérique

• les frontière et la forme de la nation numérique

• les études régionales et le savoir numérique dans le

contexte canadien : qui est numérique et pourquoi ?

• traversée des fossés disciplinaires, institutionnels et

communautaires ; le public confronté aux humanités

numériques

• les contextes, défis et mécontentement de la

collaboration

• les nouvelles technologies et le vieux savoir : la

bibliographie à l’ère numérique

• l’impact des ressources humanitaires numériques au

Canada sur les études littéraires et culturelles ; les

anthologies et les bases de données

• les innovations canadiennes dans le domaine

d’analyse de texte et la fouille de textes

Nous vous invitons à soumettre vos propositions de

communication (250 mots) d’une durée de 20 minutes

en anglais ou français, accompagnées d’une courte

biographie (150 mots). Les propositions sont à envoyer

par courriel à cwrc.conference@gmail.com avant le 30

mars 2016.

Voici un appel à contributions pour le colloque de lancement du collaboratoire scientifique des écrits du Canada, les 20 et 22 septembre 2016. Nous vous invitons à soumettre vos propositions de communication (250 mots) d’une durée de 20 minutes en anglais ou français, accompagnées d’une courte biographie (150 mots). Les propositions sont à envoyer par courriel à cwrc.conference@gmail.com avant le 20 mars 2016.
L’art du divertissement : pratique, performance, formation : colloque sous la direction de Peggy Roquigny et Laurent Turcot Trois-Rivières, QC, 24 et 25 novembre 2016. Le comité organisateur scientifique vous invite à lui transmettre une proposition de communication avant le 31 mars 2016. Les propositions comprendront un titre, un résumé de  250 mots, 4-5 mots clés, une brève biobibliographie (affiliation institutionnelle, dernier diplôme obtenu ou en cours, principales réalisations).
Maladies de l’âme, émotion, affect :
Écrits autochtones, canadiens et québécois dans les tirs croisés d’un nouveau tournant

Banff Centre, 22-25 septembre 2016

Un colloque organisé par le Centre de littérature canadienne de l’Université de l’Alberta et le Centre d’études canadiennes de l’Université d’Innsbruck

Les propositions de 250 mots par communication, en anglais ou en français, doivent être accompagnées d’une courte biographie (50 mots) et soumises à clcconf@ualberta.ca avant le 1er février 2016.
Conférences d’honneur 

  • Daniel Heath Justice, University of British Columbia
  • Smaro Kamboureli, Université de Toronto
  • Daniel Laforest, Université de l’Alberta

Table ronde littéraire

  • Nicole Brossard, Montréal (Québec)
  • Louise Dupré, Montréal (Québec)
  • Katherena Vermette, Winnipeg (Manitoba)
  • Aritha van Herk, Calgary (Alberta)

Selon D. Bachmann-Medick, un tournant scientifique ne mène pas à la simple réorientation radicale d’une seule et unique discipline, mais au contraire, invite à embrasser une pluralité de perspectives transdisciplinaires afin de complémenter et de renforcer des approches préexistantes. Un tournant n’en supplante pas un autre, mais devient partie intégrante d’un processus dynamique à partir duquel naîtront de nouvelles catégories d’analyse et des concepts nouveaux. Étudier à la fois les implications générales, mais aussi les effets positifs et négatifs d’un tournant s’avère particulièrement enrichissant si l’on compare des traditions académiques différentes – comme c’est le cas pour ce colloque transdisciplinaire et transatlantique –ainsi que des productions littéraires composées dans des langues différentes.

Dans la foulée du colloque « Écriture de la crise : dans la tourmente et au-delà » qui a eu lieu à l’Université d’Innsbruck en 2015, « Maladies de l’âme, émotion, affect » cherche non seulement à répondre à certaines questions à l’égard de l’affect, ou du « tournant affectif » pour reprendre le terme de Patricia Clough, mais aussi à interroger l’influence que les précédentes recherches sur les émotions et la cognition ont eue sur l’étude des écrits autochtones, canadiens et québécois. Si l’empathie et l’agencéité se sont imposées en tant que principes fondamentaux dans certains champs de l’analyse littéraire, leurs racines émanent de disciplines classiques telles que la poétique, la rhétorique ou l’herméneutique (Th. Anz), mais aussi des recherches sur l’agencéité prônées par les théories de la réception de l’école de Constance. À partir d’écrits contemporains autochtones, canadiens et québécois de langues anglaise ou française, les participants sont encouragés à explorer les implications émotionnelles et affectives du procédé de communication littéraire, en s’appuyant sur des recherches d’ordre conceptuel et empirique et en essayant de traiter des aspects suivants :

  • L’habitus émotionnel et affectif du producteur/de la productrice (auteur.e réel.le), son utilisation intentionnelle ou non des techniques d’émotionnalisation, sa définition d’une poétique spécifique, et leur possible impact sur le texte;
  • La réponse émotionnelle ou affective du/de la lecteur/lectrice réel.le face à ces techniques;
  • Le texte, véhicule d’émotions ou d’affects, qui nomme, définit et présente ces émotions comme l’habitus mental des protagonistes (Th. Anz); la manière dont ces procédés sont mis en discours et évoqués à même le texte; l’utilisation de métaphores, d’une syntaxe de l’indicible ou encore l’inscription du corps qui s’inscrivent dans l’esthétique du texte.

Porter un regard sur la littérature contemporaine nous confronte inévitablement aux perspectives sur le 21esiècle de S. Žižek qui y discerne un « point zéro apocalyptique », aux analyses de S. Ahmed, L. Berlant et autres qui dénoncent un attachement « cruel » à l’optimisme néolibéral, aux travaux de M.C. Nussbaum sur l’éthique du care, cette forme affective et alternative de connaissance, d’agencéité et de démocratie (J. Tronto) ou encore aux « ugly feelings » de S. Ngai.

  • Quels sont dès lors les affects et émotions qui définissent particulièrement notre moment littéraire ou encore notre moment de crise ?
  • Comment la sphère intime ou privée répond-elle à la sphère publique ?
  • Quel serait l’équivalent actuel de l’ennui romantique ou de la mélancolie ?
  • Les expériences de l’exil et de la migration exacerbent-elles les traits de ces nouvelles « maladies de l’âme » dont parlait J. Kristeva ?
  • Les auteur.e.s posent-ils/elles la question de l’animalisation (M.Y. Chen) ?
  • Quelles vies sont aujourd’hui considérées comme dignes d’être vécues et reconnues comme telles (J. Butler) ?
  • Comment les interventions littéraires et critiques autochtones sont-elles susceptibles de remettre en question les catégories et les étiquettes que cet appel à communications semble indiquer et de nous permettre de relater d’autres histoires (D.H. Justice) ?

Ces questions et bien d’autres – au sujet des implications émotionnelles et affectives de la communication littéraire – devraient permettre aux participants d’aborder les émotions, affects et nouvelles maladies de l’âme qui définissent la production littéraire de ce 21e siècle, et par-là même de contribuer au développement terminologique, méthodologique et théorique du domaine de l’affect et de l’émotion et de celle de l’analyse du texte.

Dans le traitement de ces sujets possibles, nous encourageons les perspectives et les méthodologies comparatives, multidisciplinaires et interdisciplinaires. Nous sollicitons des propositions de communication traditionnelle de 20 minutes, mais d’autres formes sont acceptées, telles que des exposés de 10 minutes, des tables rondes ou encore des présentations pecha kucha. Des panels complets (de 3 à 4 communications) sont aussi fortement sollicités.

Comité Organisateur

  • Marie Carrière, Directrice, Centre de littérature canadienne, Université de l’Alberta (carriere@ualberta.ca)
  • Kit Dobson, Professeur agrégé d’anglais, Université Mont-Royal (kdobson@mtroyal.ca)
  • Ursula Moser, Directrice, Centre d’études canadiennes, Université d’Innsbruck (Ursula.Moser@uibk.ac.at)

Comité scientifique

  • Albert Braz, Université de l’Alberta
  • Evelyne Gagnon, Université de l’Alberta
  • Simon Harel, Université de Montréal
  • Larissa Lai, Université de Calgary
  • Brigit Mertz-Baumgartner, Université d’Innsbruck

Ce second colloque aura lieu au Banff Centre les 22-25 septembre 2016. Situé dans le parc national de Banff, surplombant le paysage magnifique des montagnes Rocheuses, le Banff Centre s’est imposé comme un lieu sans équivalent pour l’exploitation des arts de toutes les disciplines au Canada et sur la scène internationale. Pour des renseignements au sujet du Centre de littérature canadienne à l’Université de l’Alberta, veuillez visiter www.abclc.ca.

Our mailing address is:

Canadian Literature Centre

3-5 Humanities Centre

University of Alberta

Edmonton, AB T6G 2E5

Canada

Le défi de la fragilité;

Exiguïté, distance et fantasmes identitaires dans l’œuvre critique de François Paré

Les 4, 5 et 6 mai 2017

Département d’études françaises, Université de Waterloo

L’œuvre de François Paré est multiple et forte d’un dynamisme qui a influencé et influence toujours chercheurs canadiens et étrangers dans des domaines divers et pluridisciplinaires, allant des études sur la francophonie à la littérature de la Renaissance. François Paré est parvenu à dégager, dans une pure tradition intellectuelle humaniste, les principes qui nous ont permis de donner naissance à nos espaces, qu’ils soient minorisés, rejetés, oubliés, effacés, fantasmés, réinventés… C’est dans cet esprit favorisant le rapport direct entre la recherche et nos vies d’universitaires, d’intellectuels, de pédagogues, d’étudiants et de créateurs que nous sollicitons des propositions de communication et de table ronde portant sur les essais de François Paré, s’inspirant des concepts qu’il a élaborés ou analysant des corpus qu’il a étudiés en lien avec l’un des axes suivants du colloque : la fragilité; l’exiguïté; la distance; les fantasmes mémoriels et identitaires; la  littérature, les arts et la culture en milieu minoritaire; le discours diasporique; l’identité nationale et les « petites littératures »; l’ami Du Bellay; les premiers textes de l’Ontario français.

Prière de faire parvenir un titre de communication ou une proposition de table ronde, un résumé de 150 mots et une notice biographique avant le 1er mai 2016 à : 

fp-colloque@uwaterloo.ca.

Colloque organisé par le Département d’études françaises de l’Université de Waterloo, avec la  collaboration de :

  • la Chaire de recherche sur les cultures et les littératures francophones du Canada (Université d’Ottawa)
  • la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et milieux minoritaires (Université de Moncton).

Site internet du colloque : https://uwaterloo.ca/french-studies/fp-colloque.

Comité organisateur : 

Tara Collington, Université de Waterloo

Benoît Doyon-Gosselin, Université de Moncton

Lucie Hotte, Université d’Ottawa

Catherine Leclerc, Université McGill

Élise Lepage, Université de Waterloo

Bruce Muirhead, Université de Waterloo

Guy Poirier, Université de Waterloo

Comité scientifique : 

Marie-Christine Gomez-Géraud, Université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

Jean Morency, Université de Moncton

Jane Moss, Visiting Scholar, Council of North American Studies, Duke University

Stéphanie Nutting, Université de Guelph

François Ouellet, Université du Québec à Chicoutimi

Pamela Sing, Faculté Saint-Jean, Université de l’Alberta

Imaginaire du terrain vague

Colloque interdisciplinaire en recherche et en recherche-création
organisé dans le cadre de l’ACFAS, le mercredi 11 et le jeudi 12 mai 2016,
par Élise Lepage (Université de Waterloo) et Isabelle Miron (UQÀM)

Ce colloque en recherche-création propose de rassembler chercheurs et créateurs en littérature et en arts visuels pour réfléchir à ce que représente le terrain vague dans l’imaginaire contemporain. Espace interlope à la mémoire souvent stratifiée, le terrain vague peut être vu comme un espace-temps transitoire vers une réinvention et une réappropriation. Également symbole d’une vacance, cette waste land ou no man’s land peut aussi avoir une fonction salvatrice, à la fois jachère nécessaire et lieu de réappropriation du pouvoir citoyen. Il peut en ce sens susciter des intérêts politiques ou financiers : les promoteurs voient en lui un potentiel à développer et explique peut-être sa raréfaction au sein des villes. Ces rapports de pouvoir ne sont pourtant pas le seul avenir envisageable: cet espace liminaire, source de liberté et d’inventivité, demande à être déchiffré symboliquement autant qu’à être défriché matériellement; son caractère marginal fait de lui une matrice à nouvelles idées et nouveaux regards sur le monde. À cet égard, il peut offrir l’image même de la disposition mentale que nécessitent tant la recherche que la création. Il peut alors conserver son statut de terrain vague et indéfini de façon plus pérenne, être valorisé comme tel et se laisser lentement apprivoiser et réinventer par des actions communautaires et/ou esthétiques.
Quelques pistes de réflexion (non exhaustives) :
Où (sur le plan autant spatial que métaphorique) se situe le terrain vague?
Comment s’intègre-t-il (ou non) dans un périmètre plus large?
À quelles figures donne-t-il naissance?
Par qui et comment est-il investi, dans les faits et dans l’imaginaire?
Quels enjeux éthiques ou esthétiques pose-t-il?
Quels rapports de force ou quelles relations se nouent autour du terrain vague?
Quels genres de poétiques engendre-t-il?
Quels genres littéraires ou langages esthétiques l’investissent?
Comment explorer les strates mémorielles et les processus de sédimentation de ce genre d’espace?
Ce colloque interdisciplinaire se situe à la croisée entre recherche scientifique et création artistique. Il vise en ce sens à réunir des intervenants provenant du milieu universitaire (autant en recherche qu’en recherche-création) et des milieux de la création (artistes visuels, poètes, essayistes, etc.) afin de réfléchir à ce qu’est et ce que pourrait être le terrain vague en contexte urbain.
Ce colloque accueille des communications scientifiques, des communications en recherche-création, mais aussi des interventions de formats plus libres. Il se clôturera par une table-ronde d’auteurs, d’artistes et de chercheurs, ainsi que par une exposition d’oeuvres/installations/ performances liées à l’imaginaire du terrain vague.
Les propositions d’intervention/participation, longues d’environ 250 mots et accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, doivent être envoyées à miron.isabelle@uqam.caet elepage@uwaterloo.ca avant le 12 février 2016.
(Non)Futurité(s) queer(s)
De la thèse de l’antisocialité aux perspectives utopistes dans la théorie queer

Colloque international
84e Congrès de l’Association francophone pour le savoir
Université du Québec à Montréal
11, 12, 13 mai 2016

En 1988, en pleine crise du sida, Douglas Crimp édite un collectif intitulé AIDS : Cultural Analysis/Cultural Activism. Dans ce collectif est republié l’article « Is the Rectum a Grave ? » écrit par Leo Bersani, et qui avait été publié pour la première fois dans la revue October en 1987. Cet article s’inscrit, d’une part, dans la tradition des études gays et lesbiennes telles qu’elles ont été développées au cours des années 70 – dans son étude Bersani s’appuie sur un cadre théorique freudien. D’autre part, « Is the Rectum a Grave ? » a eu une très grande influence sur le développement de la théorie queer qui a eu lieu dans les années 90. Dans son texte, Bersani propose de penser la sexualité comme étant « anticommunal, antiegalitarian, antinurturing, antiloving. » (215) Il situe ainsi l’expérience et les pratiques sexuelles dans un contexte antisocial et antirelationnel.

Les théories de Bersani seront reprises, entre autres, par Lee Edelman qui, dans son livre No Future : Queer Theory and the Death Drive (2004), poussera la logique de la thèse de l’antisocialité vers ses extrêmes limites en l’inscrivant cette fois-ci dans le cadre de la psychanalyse lacanienne. Edelman dirige ses attaques contre une idéologie basée sur un futurisme reproductible ou du reproductible, donc une idée du futur centrée sur une valorisation exagérée et une obsession de la reproduction. Ce futurisme du reproductible est symbolisé par la figure de l’enfant. Cette figure contribue à produire, à rendre intelligible et à légitimer, par exemple, des politiques conservatrices qui défendent le patriarcat, la famille, l’hétéronormativité et donc l’immobilisme social. L’attaque contre l’enfant est ainsi une attaque contre un système conservateur de reproduction humaine, sociale, politique, culturelle et historique.

La généalogie de la thèse de l’antisocialité remonte aux années 70. En France, elle est défendue par Guy Hocquenghem, qui a été un penseur important dans un premier temps pour les études gays et lesbiennes et dans un deuxième temps pour la théorie queer. Dans son livre Le désir homosexuel (1972), Hocquenghem écrit : « Le désir homosexuel est l’inengendrant-inengendré, la terreur des familles en ce qu’il se produit sans se reproduire. Aussi faut-il que chaque homosexuel se ressente comme une fin de race, l’achèvement d’un processus dont il n’est pas responsable et qui s’arrête à lui. » (113) Plus loin, il ajoute : « La grande peur de l’homosexualité s’exprime par la peur que s’arrête la succession des générations qui fondent la civilisation. Le désir homosexuel n’est pas plus du côté de la mort que du côté de la vie, il est bien l’assassin des moi civilisés. » (182)

Une dizaine d’années plus tard, une reformulation de la thèse de l’antisocialité est proposée par Michel Foucault dans un entretien publié en 1981 dans Gai Pied et intitulé « De l’amitié comme mode de vie ». Foucault déplace la négation de la reproduction vers l’affirmation de la création : « Le problème n’est pas de découvrir en soi la vérité de son sexe, mais c’est plutôt d’user désormais de sa sexualité pour arriver à des multiplicités de relations. » (982) Pour lui, l’amitié est l’un des modes de vie qui peut être (ré)inventé : « Un mode de vie peut se partager entre des individus d’âge, de statut, d’activité sociale différents. Il  peut donner lieu à des relations intenses qui ne ressemblent à aucune de celles qui sont institutionnalisées et il me semble qu’un mode de vie peut donner lieu à une culture et à une éthique. » (984) L’antisocialité des gays et des lesbiennes dans la logique d’une société hétéronormative n’est pas inévitablement une antirelationalité absolue pour Foucault. Au contraire, l’antisocialité détruit les limites de la relationalité hétéronormative, reproductive et conservatrice pour ouvrir les infinies possibilités des relationalités queers. Et l’exemple que Foucault donne est celui de nouvelles formes d’amitié qui peuvent lier entre elles des personnes queers.

Plus récemment des critiques comme Judith Halberstam, Tim Dean et José Esteban Muñoz ont remis en question les théories de Bersani et d’Eldeman. Dans Cruising Utopia : The Then and There of Queer Futurity (2009), Muñoz retisse les liens entre le passé, le présent et le futur en analysant une série d’œuvres queers. Il met en relief les manières dont les œuvres queers anticipent le futur, lui donnent forme et le rendent donc possible. Il y a pour Muñoz une force de transformation qui émerge des œuvres queers. Leurs modes de socialité et de relationalité créent des pratiques queers d’influence, de reprise, de déplacement, de passage entre les individus, de formation de groupes et de communautés tout à fait autres. Ce n’est donc pas qu’il n’y a pas de futur, c’est plutôt que le futur surgit par des voies inattendues qui échappent à la logique de la reproduction. Le futur n’est pas par conséquent la répétition du passé dans le présent et du présent dans le futur, c’est à dire la simple reproduction. Le futur est pour Muñoz utopique.

Dans le cadre de ce colloque, nous invitons des chercheurs en littérature, en cinéma, en art, en études culturelles et en théorie à réfléchir d’un côté sur l’antisocialité, l’antirelationalité, la non-futurité queers et d’un autre côté à la socialité, à la relationalité, à la futurité, à la communauté, à l’utopie queers. Nous les invitons à réfléchir à toutes les possibilités de non-futurités et de futurités qui sont mises en œuvre dans les créations artistiques et culturelles, dans les discours ainsi que dans la pensée et les théories queers.

Pour ce colloque, nous acceptons des propositions de communication en français. Ces propositions, d’une longueur maximale de 300 mots, doivent indiquer le nom du/de la chercheur(e), son affiliation universitaire et son courriel.

Les propositions de communication sont à envoyer avant le  1er février 2016 par courriel aux professeurs Domenico Beneventi (Domenico.Beneventi@USherbrooke.ca) et Jorge Calderón (calderon@sfu.ca).

APPEL À COMMUNICATIONS
Explorer les archives littéraires canadiennes de l’Université de Calgary
Table ronde présentée par
la Société bibliographique du Canada (SbC) et
l’Association canadienne pour l’étude de l’histoire du livre (ACÉHL)
Congrès des sciences humaines
Université de Calgary
Date proposée de la table ronde : lundi 30 mai 2016
Depuis longtemps, la bibliothèque de l’Université de Calgary s’est consacrée à l’acquisition des archives des écrivains canadiens. L’institution déteintplusieurs fonds importants, dont ceux de nombreux auteurs célèbres (Robert Kroetsch, Alice Munro et Mordecai Richler, parmi tant d’autres) ainsi que ceux de figures moins connues ; elle possède aussi les fonds de plusieurs acteurs dans le champ littéraire canadien, comme ECW Press et la revueDescant. Vu que le Congrès des sciences humaines se déroulera à l’Université de Calgary en 2016, la SbC et l’ACÉHL présenteront conjointement une table ronde sur les travaux de recherche entamés dans ces archives riches et diverses. Nous invitons les chercheurs et les chercheuses à partager leurs expériences.
Plusieurs pistes de réflexion pourront être envisagées :
  • Comment les contenus et les lacunes dans les archives ont-ils influencé vos recherches ?
  • Les enjeux relatifs au genre sexuel, aux classes, à l’ethnicité et aux genres littéraires par rapport aux archives ;
  • La consécration et la canonicité (quels auteurs sont inclus dans les archives ?) ;
  • Les trouvailles fortuites et heureuses dans la recherche archivistique ;
  • Le rôle joué par les archives littéraires dans l’enseignement.
La table ronde comptera de 5 à 6 participants, qui feront des présentations courtes de dix minutes maximum, lesquelles seront suivies par une discussion informelle. Nous encourageons les étudiants ainsi que ceux et celles qui travaillent présentement à des recherches dans les archives à parler de leurs projets en cours.
Veuillez soumettre une courte proposition (maximum 250 mots) et un CV à l’adresse suivante : proposals@bsc-sbc.ca
Date limite : vendredi 15 janvier 2016.